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ACOUS'TIPS #03 — Comment optimiser l'évent d'un bass-reflex ?

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04 May 2022All articles
ACOUS'TIPS #03 — Comment optimiser l'évent d'un bass-reflex ?
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La reproduction des basses fréquences (inférieures à 100 Hz) a toujours été l’objet de recherches spécifiques dans le monde de l’audio. En effet, générer des ondes acoustiques de basses fréquences demande de déplacer beaucoup d’air, au moyen de haut-parleur à longue excursion ou de grande taille.

De nombreuses méthodes ont été trouvées afin d’augmenter l’efficacité de la reproduction et de limiter les dimensions des systèmes (on parle de charge acoustique pour désigner l’environnement dans lequel le haut-parleur rayonne). Entre autres, les charges passe-bandes, les pavillons, les lignes à transmission… et surtout, la plus utilisée, la charge dite bass-reflex.

Le bass-reflex

Le bass-reflex est la charge la plus répandue, que l’on retrouve dans tous types de systèmes, en hi-fi ou en sonorisation, en entrée comme en très haut de gamme. Elle permet d’étendre la réponse en fréquence d’un haut-parleur dans le grave, sans trop solliciter ses capacités thermiques et mécaniques. Le principe est simple : c’est celui d’une bouteille de bière qui résonne à une fréquence donnée lorsque l’on souffle dedans, c’est la résonance de Helmholtz, dont la fréquence dépend du volume de la cavité et de la longueur et surface du col de la bouteille (que l’on nomme techniquement l’évent), selon la formule : f = c/2π × √(A/(V·L)), où "c" est la célérité du son, "A" la surface de l’évent, "L" sa longueur et "V" le volume de la cavité.

À la fréquence d’accord de l’évent, le haut-parleur vibre très peu, et c’est l’air dans la cavité qui vibre et rayonne par l’évent.

Bien accorder un bass-reflex n’est pas toujours chose aisée, et les résultats sont parfois peu convaincants : une réponse exagérée en basse fréquence qui résulte en un effet « tonneau » désagréable est le résultat typique d’un bass-reflex mal accordé. Un bass-reflex bien accordé au contraire permet une réponse claire, profonde dans un volume réduit.

Non-linéarité de l’air

Mais tout n’est pas si simple. En effet, bien accorder un bass-reflex est un premier pas, mais il y a plus. La pression dans l’évent peut être très importante, ce qui conduit à une vitesse de déplacement de l’air très élevée, et a un comportement non-linéaire de celui-ci. Contrairement à la réponse linéaire, les effets non-linéaires sont complexes et souvent contre-intuitifs, et nécessitent l’utilisation de modèles mathématiques complexes, tels que la méthode des éléments finis (FEM) pour décrire des phénomènes d’acoustique visco-thermique.

Mais surtout, ces phénomènes non-linéaires – typiquement à partir de 145 dB SPL – posent de gros problèmes de reproduction sonore. Le plus connu d’entre eux est le bruit d’écoulement : l’air dans l’évent crée du bruit qui s’entend, et gène l’écoute. D’autres phénomènes existent, et nous allons parler d’un en particulier : la compression.

En première approche, un système audio est linéaire : c'est-à-dire que la pression sonore générée est proportionnelle à la tension électrique aux bornes du haut-parleur. C’est vrai jusqu’à une certaine tension, mais à fort niveau la relation de proportionnalité ne tient plus : la pression sonore générée augmente moins rapidement que la tension d’entrée : on gaspille alors de la puissance électrique et de la distorsion apparaît.

Limiter les turbulences

En effet, la forte pression et la vitesse élevée de l’air dans l’évent sont sources de problèmes, en particulier de tourbillons qui dissipent de l’énergie acoustique sans créer d’ondes sonores. On dit alors que le flux n’est plus laminaire, mais turbulent. Il en résulte une compression qui peut être très importante, de l’ordre de plusieurs décibels. Dans l’exemple donné, l’évent rectangulaire génère, pour une puissance électrique de 50 Watts, presque 30 % moins de pression que l’évent polynomial.

Pour lutter contre ce phénomène, Pikip a choisi deux stratégies : la première permet de conserver une vitesse particulaire faible, en privilégiant des évents très larges, ce qui résulte en de très faibles bruits d’écoulements, absolument inaudibles.

De plus, les évents Pikip ne sont pas de simples évents rectangulaires comme souvent vus, mais ont un profil bombé (dont la courbe est polynomiale) qui permet de réduire largement la séparation inertielle des couches limites, c'est-à-dire l’apparition de tourbillons.

Tout cela nécessite un grand soin dans la conception et l’optimisation, qui passent par des simulations poussées et du prototypage précis, et les résultats sont notoires : très faibles compression et distorsion, c'est-à-dire une réponse en fréquence et une signature sonore identiques quel que soit le niveau d’écoute, et un rendement qui ne chute pas quand la puissance est élevée. On gagne donc à la fois en qualité de reproduction, et en autonomie !